Skin tightening : XERF, Sofwave, Thermage, Morpheus… Encore une nouvelle machine miracle ?

Chaque rentrée, sa nouvelle tendance. Même en médecine esthétique !

En cette rentrée, je suis encore tombée sur une nouvelle machine dont tout le monde semble parler sur Instagram : XERF.

Encore une !

Je dois reconnaître que même moi, qui pratique la médecine esthétique et m'intéresse de près aux innovations, je suis parfois surprise par la vitesse à laquelle de nouvelles technologies apparaissent.

On dirait presque la mode. Chaque saison, une nouvelle pièce devient incontournable. Un été, ce sont les ballerines. À la rentrée, c'est la jupe en cuir. Et la saison suivante, on recommence.

En médecine esthétique, c'est un peu la même chose.

Cette année, c'est XERF. L'année dernière, Sofwave. Avant, Thermage, Ultherapy, les HIFU, Morpheus8…

À chaque fois, une nouvelle technologie semble promettre ce que les précédentes n'auraient pas réussi à accomplir : raffermir la peau, redessiner l'ovale du visage, stimuler le collagène et, pourquoi pas, remplacer le lifting chirurgical.

Et à chaque fois, les vidéos se multiplient, les résultats avant-après défilent et l'enthousiasme gagne les réseaux sociaux.

Mais derrière cet emballement marketing, une question mérite d'être posée : ces nouvelles machines sont-elles réellement plus efficaces, ou simplement plus récentes ?

Le skin tightening : beaucoup de machines, un objectif commun

Le skin tightening, littéralement « raffermissement de la peau », regroupe différentes technologies destinées à améliorer la fermeté cutanée sans chirurgie.

La plupart reposent sur un principe commun : délivrer de l'énergie dans les tissus pour provoquer un échauffement contrôlé et stimuler le remodelage du collagène.

Mais elles n'utilisent pas toutes la même énergie et ne ciblent pas nécessairement les mêmes profondeurs.

Thermage et XERF : la radiofréquence monopolaire

Thermage utilise depuis longtemps la radiofréquence monopolaire pour chauffer les tissus et stimuler leur remodelage.

XERF repose sur le même principe général, avec une particularité : l'utilisation de deux fréquences permettant de moduler la distribution de l'énergie.

Cette évolution pourrait notamment améliorer le confort et permettre une adaptation plus fine du traitement.

Mais disposer de davantage de réglages ne signifie pas automatiquement obtenir de meilleurs résultats.

Morpheus 8, Potenza, Genius RF : la radiofréquence avec micro-aiguilles

Ces dispositifs utilisent de fines aiguilles pour délivrer de la radiofréquence directement à différentes profondeurs de la peau.

Ils peuvent être particulièrement intéressants lorsque l'on souhaite travailler simultanément sur la texture cutanée, certaines cicatrices d'acné, les ridules et un relâchement modéré.

HIFU et Ultherapy : les ultrasons focalisés

Contrairement à la radiofréquence, ces dispositifs utilisent des ultrasons pour produire des points d'échauffement à des profondeurs ciblées.

Ils cherchent à stimuler un remodelage des tissus et peuvent apporter un effet tenseur chez certains patients.

Sofwave : des ultrasons plus superficiels

Sofwave utilise une technologie d'ultrasons à faisceaux parallèles, ciblant principalement le derme moyen.

L'objectif est d'améliorer la fermeté cutanée en limitant l'exposition des tissus plus profonds.

Cette approche peut être intéressante pour un relâchement léger à modéré, mais ne répond pas nécessairement aux mêmes indications que les dispositifs agissant plus profondément.

Stimuler le collagène ne signifie pas obtenir un lifting

C'est probablement le point le plus important.

Aujourd'hui, les expressions « stimulation du collagène », « effet tenseur », « lifting sans chirurgie » et « rajeunissement profond » sont souvent utilisées comme si elles désignaient la même chose.

Pourtant, ce n'est absolument pas le cas.

Une machine peut stimuler la production de collagène sans entraîner de changement spectaculaire de l'ovale du visage.

Elle peut améliorer la fermeté de la peau sans corriger des bajoues importantes.

Elle peut aussi améliorer la texture cutanée sans restaurer les volumes perdus avec l'âge.

Ce n'est pas parce qu'un traitement produit un effet biologique mesurable que son résultat sera forcément visible dans le miroir.

C'est là que les promesses commerciales deviennent parfois problématiques.

Alors, quelle est la meilleure machine ?

Je serais bien incapable de désigner une machine universellement supérieure aux autres.

Et je me méfierais d'ailleurs de quiconque prétendrait le contraire.

Chaque technologie possède ses caractéristiques, ses indications, ses limites et son niveau de preuve scientifique.

Certaines peuvent être intéressantes pour améliorer la qualité de la peau, d'autres pour un relâchement débutant ou modéré.

Mais les études disponibles sont souvent difficiles à comparer : les protocoles varient, les populations étudiées sont différentes et les critères d'évaluation ne sont pas toujours les mêmes.

Sans oublier que les nouvelles technologies disposent, par définition, de moins de recul clinique.

Une innovation technologique n'est pas une preuve de supériorité médicale.

Et le fait qu'une machine soit récente, coûteuse ou omniprésente sur Instagram ne garantit absolument pas qu'elle donnera de meilleurs résultats.

Peut-on vraiment remplacer un lifting par une machine ?

C'est la grande promesse qui revient régulièrement.

Un traitement sans chirurgie, sans cicatrice, avec peu ou pas d'éviction sociale, capable de remettre en tension un visage relâché.

Évidemment, ce serait formidable.

Mais à ce jour, aucune de ces technologies ne permet de reproduire les résultats d'un lifting chirurgical lorsque le relâchement est important.

Les machines de skin tightening peuvent donner des résultats intéressants, parfois très satisfaisants, chez des patients correctement sélectionnés.

Mais il s'agit généralement d'améliorations progressives et relativement modestes, et non d'une véritable remise en place des tissus affaissés.

Il faut donc savoir distinguer un relâchement léger, qui peut bénéficier d'un traitement non invasif, d'un relâchement important qui relève davantage de la chirurgie.

Le problème n'est pas que ces machines soient inefficaces.

Le problème, c'est de leur demander de faire ce qu'elles ne peuvent pas faire.

En médecine esthétique, tout ne se traite pas avec une machine

C'est un point auquel je suis particulièrement attachée dans ma pratique.

Lorsqu'une patiente trouve son visage moins ferme, la première étape n'est pas de choisir entre XERF, Thermage ou Ultherapy.

C'est de comprendre ce qui a changé dans son visage.

Est-ce réellement la peau qui se relâche ?

Est-ce une perte de volume au niveau des pommettes qui donne l'impression que les joues s'affaissent ?

Est-ce une modification des contours du visage liée au vieillissement des tissus profonds ?

Ou simplement une peau devenue plus fine, moins élastique, moins lumineuse ?

Ces situations peuvent donner des impressions similaires, mais elles ne nécessitent pas les mêmes traitements.

Dans certains cas, améliorer la qualité de la peau sera suffisant. Dans d'autres, restaurer discrètement certains volumes perdus avec de l'acide hyaluronique ou envisager un traitement stimulant le collagène sera plus cohérent.

Et parfois, il faudra simplement reconnaître les limites des traitements non chirurgicaux.

Je préfère toujours proposer une amélioration réaliste plutôt que promettre une transformation spectaculaire.

Conclusion : la médecine esthétique n'est pas une course aux nouveautés

Je continuerai évidemment à m'intéresser aux nouvelles technologies.

C'est même une partie passionnante de mon métier : découvrir de nouvelles approches, comprendre leurs mécanismes, suivre les études et voir comment elles peuvent améliorer la prise en charge des patients.

Mais je refuse de considérer qu'une machine devient indispensable simplement parce qu'elle vient de sortir.

Le progrès médical ne se mesure pas au nombre de nouveautés commercialisées chaque année.

Il se mesure à leur capacité à apporter un bénéfice réel, démontré et durable aux patients.

Alors, à la prochaine machine révolutionnaire que je découvrirai sur Instagram, je me poserai toujours la même question :

Est-ce une véritable avancée pour mes patients, ou simplement la nouvelle tendance de la saison ?

Précédent
Précédent

Glass skin : pourquoi une peau lumineuse paraît-elle plus belle ?

Suivant
Suivant

Skinboosters, Profhilo, polynucléotides, Sculptra, Radiesse, Juvelook : comment s’y retrouver ?